Des pavés, des montées raides et des heures à vélo à travers les paysages flamands. Pour Dries, la Flandrien Challenge représentait un véritable défi sportif. Une aventure qui demande non seulement de bonnes jambes, mais aussi de la persévérance, de la concentration et surtout une chose : le plaisir de rouler à vélo. Nous avons échangé avec Dries sur sa préparation, les moments les plus difficiles sur le parcours et ce qu’il a ressenti en franchissant finalement la ligne d’arrivée.
Un défi qui ne s'improvise pas
La Flandrien Challenge emmène les cyclistes sur des dizaines de côtes emblématiques et de secteurs pavés en Flandre. Le défi officiel comprend 59 segments mythiques à parcourir en l’espace de 72 heures. Ceux qui y parviennent peuvent véritablement se considérer comme des Flandriens. Pour Dries, c’est justement cette combinaison de distance, de dénivelé et de routes flamandes mythiques qui lui a donné envie de relever le défi. « Je cherchais un défi qui m’obligerait vraiment à m’entraîner. Quelque chose dont on ne sait pas à l’avance avec certitude si on va réussir. » Les Ardennes flamandes étaient le terrain de jeu idéal pour cela. La région est réputée pour ses montées courtes et raides, ses pavés irréguliers et ses routes où il est difficile de trouver un rythme régulier.
La préparation commence bien avant le départ
Une épreuve comme celle-ci ne s’improvise pas. Dans les semaines et les mois qui ont précédé le challenge, Dries a progressivement augmenté son volume d’entraînement. Au programme, de longues sorties d’endurance, mais aussi du travail en montée et plusieurs jours consécutifs à vélo. Malgré tout, il est difficile de reproduire à l’entraînement les conditions particulières de la Flandrien Challenge. « On peut arriver au départ avec une très bonne préparation, mais les pavés changent vraiment la donne. Il faut constamment être attentif à sa position sur le vélo, à son matériel et au choix de la meilleure trajectoire. » Dries a également accordé une attention particulière à son équipement et à sa tenue. Lors de longues journées à vélo, les petits inconforts peuvent rapidement devenir gênants. Le confort, une alimentation et une hydratation suffisantes, ainsi qu’une tenue adaptée aux changements de météo font alors toute la différence.
Presque aucun moment pour souffler
L’un des aspects les plus exigeants du challenge est l’enchaînement des montées et des secteurs pavés. Après une montée difficile, il n’y a souvent qu’une courte descente ou une portion de liaison avant que le prochain défi ne se présente. Des noms comme le Koppenberg, l’Oude Kwaremont et le Paterberg parlent immédiatement aux passionnés de cyclisme. À la télévision, ces montées peuvent sembler relativement courtes. Sur le vélo, chaque mètre prend une toute autre dimension. « On connaît ces routes grâce aux classiques de printemps. Quand on les emprunte soi-même, on réalise vraiment à quel point elles sont raides et irrégulières. » Les pavés sollicitent particulièrement le corps. Les vibrations incessantes ne se font pas seulement sentir dans les mains et les bras, mais finissent par se faire sentir partout. Et pourtant, ce sont justement ces secteurs qui rendent l’expérience si particulière.
Continuer quand ça devient difficile
Lors d’un défi aussi long, il arrive forcément un moment où les jambes commencent à fatiguer et où le mental doit prendre le relais. Dries a lui aussi connu des moments où l’arrivée semblait encore loin. Mais il était convaincu qu’il terminerait la challenge dans la journée. Plutôt que de penser à toute la distance restante, il a découpé le parcours en petites étapes. Cela lui permettait de mieux gérer son énergie : d’abord jusqu’au prochain ravitaillement, puis jusqu’à la prochaine montée, et ensuite encore quelques kilomètres. « À un moment donné, il ne faut plus trop penser à ce qui reste. On se concentre sur le prochain objectif et on continue simplement à pédaler. » Dans ces moments-là, le soutien de ses amis et de sa famille s’est révélé particulièrement précieux. Un échange en cours de route, quelque chose à manger ou à boire lors d’un arrêt prévu, ou simplement le fait de savoir qu’ils étaient derrière lui à 100 % pouvait suffire à retrouver un peu d’énergie.

Le plaisir au cœur de l’effort
Même si la Flandrien Challenge est avant tout connue pour être une épreuve exigeante, pour Dries, il ne s’agissait pas seulement de repousser ses limites. Il y avait aussi de nombreux moments pour profiter des paysages, de l’ambiance et tout simplement du plaisir d’être à vélo. Les petites routes, les villages flamands et les panoramas sur les collines ont rendu le parcours au moins aussi mémorable que les célèbres ascensions. « Bien sûr, on pense au défi, mais il faut aussi prendre le temps de regarder autour de soi. On traverse une magnifique région et on passe par des endroits qui font partie de la grande histoire du cyclisme. » Cette alternance entre effort et plaisir a marqué toute l’expérience. Un instant, on se bat dans une montée pavée et raide ; le suivant, on se laisse porter tranquillement à travers les paysages en réalisant à quel point cette aventure est exceptionnelle.
Le sentiment après les derniers kilomètres
Après tous ces kilomètres, ces mètres de dénivelé et ces pavés, le moment est finalement arrivé où Dries a compris qu’il allait réussir le challenge. La fatigue a laissé place au soulagement et à la joie.
Après 11 heures de vélo, il a franchi la ligne d’arrivée à 21 h 10 à Ypres, sous la Porte de Menin : une belle performance dont il est fier. Malheureusement, il est arrivé juste trop tard pour assister au Last Post, qui commence à 20 h 00 en hommage aux victimes de la Première Guerre mondiale. « À l’arrivée, tout se rassemble. On repense à la préparation, aux moments difficiles et à tous les kilomètres parcourus. Et à ce moment-là, réussir prend une dimension vraiment particulière. » La fatigue dans les jambes est vite oubliée. Ce qui reste surtout, c’est le souvenir d’une expérience cycliste unique et la confiance que l’on peut souvent aller plus loin qu’on ne l’imaginait au départ.
Un défi dont on se souvient longtemps
Dries recommanderait-il la Flandrien Challenge à d’autres cyclistes ? Sans hésiter. Avec toutefois un conseil important : ne sous-estimez pas le parcours et préparez-vous correctement. Selon lui, il n’est pas nécessaire d’être le cycliste le plus rapide. Une bonne condition physique de base, un équipement confortable, une bonne gestion de l’alimentation et de l’hydratation, ainsi que la volonté de ne rien lâcher sont au moins aussi importants. Pour Dries, la challenge était finalement bien plus qu’une succession de montées et de secteurs pavés. C’était une aventure où se mêlaient effort, histoire du cyclisme et plaisir de rouler. Un parcours où la distance n’était pas seulement le défi à relever, mais une partie intégrante de l’expérience.
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